Le samedi 11 mars 2017, une délégation du Conseil Economique, Social et Culturel a rencontré des représentants de la Communauté malienne en Belgique.
Ils sont venus des quatre coins de la Belgique par train, bus, voiture pour rallier l’ambassade du Mali. Certains, plus chanceux, n’ont eu qu’à pousser la chansonnette pour se rendre Avenue Molière au cœur de Bruxelles. Tous, bravant le froid hivernal, répondaient ainsi à l’invitation de l’ambassadeur qui, la veille, venait de recevoir une délégation du Conseil Economique, Social et Culturel (CESC) conduite par son Vice-Président, M. Yacouba KATILE et comprenant Mme KAREMBE Rokia DIARRA, MM. Yacouba DEMBELE et Cheickna BARRY. (Voir plus de photos dans l'album).
Conformément à ses attributions constitutionnelles, le CESC élabore chaque année un rapport consacré aux attentes, aux besoins et aux problèmes de la société civile malienne qu’il soumet au Président de la République, au Premier Ministre et au Président de l’Assemblée Nationale. La collecte de la matière première de ce rapport exige de cette institution de dialoguer avec tous les segments de la population nationale, y compris les compatriotes établis à l’extérieur. 
Par chance, la juridiction de Bruxelles a été retenue cette année pour accueillir une délégation du CESC, ce dont l’ambassadeur et les représentants de la Communauté se sont félicités. Dès l’entame des échanges, l’ambassadeur et les porte-parole de la Communauté ont tenu à le faire savoir ; ils ont saisi l’opportunité de la présence de la délégation du CESC pour remercier les plus hautes autorités du pays pour cette attention.

Le Mali d’abord !
 
En termes de recueil des attentes, besoins et problèmes des compatriotes de la diaspora, pour le cas qui nous concerne, il a été beaucoup plus question de la crise au pays et des problèmes de gouvernance. Dans un échange libre et à bâtons rompus, voici un florilège de questionnements : Aimons-nous réellement notre pays ? Sommes-nous des patriotes dignes des héros dont nous nous réclamons pourtant ? Que pouvons-nous et devons-nous faire pour le retour de la paix et de la stabilité de notre pays ? L’Armée nationale dispose-t-elle de tous les moyens pour accomplir sa mission régalienne de défense de l’intégrité du territoire nationale ? A quand le sursaut national pour placer le pays sur l’orbite de l’émergence ?
Quelques rares interventions ont porté sur les misères faites aux Maliens de l’Etranger porteurs de projets qui sont traités en vaches laitières par des agents de l’Administration parfois totalement déconnectés du discours politique. Certains intervenants ont pointé l’absence d’accord entre le Mali et la Belgique pour gérer la retraite de ressortissants qui ont travaillé et payé leurs impôts dans l’un et l’autre pays. Enfin, l’inscription au Tokten, ce « brain-trust » qui fédère les intelligences maliennes de la diaspora, les exonérations pour les associatifs qui envoient des équipements au pays, la consultation des élites de la Communauté pour certains accords bilatéraux… ont constitué le plat de résistance de ce face-à-face CESC – Communauté.
Une ambassade ouverte
Le point d’orgue de la rencontre a été le satisfecit que les porte-parole de la Communauté ont adressé à l’ambassadeur CISSE et à ses collaborateurs. « Ici, nous sentons bien que nous sommes au Mali ; nos requêtes et sollicitations sont traitées avec satisfaction et diligence. Ici, nous pouvons toujours compter sur une oreille attentive à nos problèmes », ont dit en substance les leaders de la Communauté.
M. KATILE et les membres de sa délégation se sont réjouis de cet exercice fort utile qui leur a permis non seulement d’écouter les voix des humbles mais surtout d’apporter des nouvelles fraîches du pays dont certaines transitent malheureusement par le prisme déformant de la rumeur et l’instantanéité parfois trop généreuse des réseaux sociaux.
In fine, il y avait un fort besoin du Mali que l’échange avec la délégation du CESC a, en partie, comblé, et nul doute que cet échange courtois, cordial et convivial fut aussi un rayon de soleil dans le cœur des participants en plein hiver boréal. 
CCOM/AMBX